La question peut prêter à sourire, et pourtant. Le sacrosaint diplôme ne bénéficie plus aujourd’hui, aux yeux des employeurs de la même aura. Même les étudiants et les salariés semblent avoir pris conscience de ce glissement vers une société de compétences. Quels en sont les signes et quelles en sont les implications pour chacun et chacune ?

 

Pourquoi et comment choisir ses études ou une formation diplômante ?

Lorsque l’on interroge les étudiants et les étudiantes, ceux-ci expriment fortement leur conviction dans la valeur des diplômes. Comme autrefois, les parcours universitaires et autres formations diplômantes sont choisis pour satisfaire à un triple objectif :

  • Entamer un cursus, dans lequel l’apprenant éprouve certaines aptitudes (techniques, technologiques, manuelles, intellectuelles, …)
  • Se préparer pour exercer un métier, qui attire les étudiants et étudiantes
  • Choisir un secteur d’activité, offrant de réelles opportunités et avec des débouchés incontestables.

Du côté des entreprises, si cette valeur du diplôme n’a pas totalement disparu dans l’esprit des directeurs des ressources humaines, elle a été, depuis plusieurs années, remplacée par la notion d’adaptabilité et de compétences. Les entreprises sont pleinement conscientes de la transformation du monde du travail. De nouveaux métiers apparaissent, quand d’autres se révolutionnent. Il devient plus difficile d’associer telle ou telle formation diplômante à un (ou plusieurs) métiers prédéfinis.

Dans le but de satisfaire aux recherches de ces entreprises, les étudiants d’une part, mais aussi les salariés d’autre part, dans le cadre de la formation continue, cherchent à souligner leur capacité d’adaptation. L’acquisition de compétences précises (utilisation des outils d’analyse pour la segmentation commerciale) permet d’envisager les éventuelles reconversions possibles, d’autant plus que la moitié des métiers de demain ne sont pas encore connus aujourd’hui. L’adaptabilité deviendra-t-elle bientôt le Graal de la recherche d’emplois ?

 

Quelles compétences acquérir pour se donner toutes les chances d’une carrière professionnelle épanouissante ? 

Pour les salariés ou les étudiants, la problématique reste la même. A la question du choix du diplôme à obtenir s’est substitué la sélection des compétences à acquérir. La question n’est pas moins ardue, d’autant plus que cette tendance se double d’un autre constat : la spécialisation tend à disparaître des entreprises. En effet, si les métiers se transforment, il en est de même pour les formes du travail.

De plus en plus d’entreprises tendent à recruter des profils généralistes, susceptibles d’évoluer en fonction des innovations techniques et technologiques. Pour autant, elles sont nombreuses à ne pas vouloir se passer de profils ultra spécialisés, garantissant une forte et véritable valeur ajoutée.  Pour pallier ce besoin, les entreprises ont donc tendance à externaliser ces prestations spécifiques, et les candidats à ce type de fonction sont, de plus en plus souvent, destinés à exercer sous le statut de freelance ou indépendant. Ce changement implique bien d’autres problématiques, à commencer par la sécurité de l’emploi, mais il se vérifie pour les TPE et les PME, et commence à s’étendre à des entreprises de plus grande importance.

Le choix de la formation diplômante pour les salariés en quête d’une reconversion professionnelle ou la sélection du cursus à suivre pour les étudiants implique-t-il alors de se décider sur la forme juridique et sociale du métier que l’on exercera ?

 

La formation diplômante, le nouveau facteur de pouvoir sur le marché du travail

C’est donc bien en termes de bénéfice et de valeur ajoutée, que les profils des différents candidats sont désormais étudiés par les entreprises. La mobilité professionnelle (changer d’employeur au gré de ses envies et des offres disponibles) s’efface peu à peu pour laisser place à une nouvelle forme de mobilité. Les indépendants développent leurs compétences pour rester au niveau de leur expertise, et peuvent ainsi passer d’une entreprise à une autre sans dévaloriser leur savoir-faire.

La délégation serait ainsi une conséquence et non une cause de cette transformation du monde du travail. En passant d’un employeur à un autre, l’indépendant, aussi spécialisé soit-il, ne perd-il pas en vue d’ensemble ce qu’il a gagné en spécialisation ? Se pose alors la question de la cohésion d’une telle organisation, supposant quand même une stratégie globale à moyen et à long terme. Qui doit alors en prendre la direction ? L’expert indépendant, qui maîtrise les tenants et les aboutissants de sa discipline, ou l’entreprise, qui conserve une approche plus généraliste et donc à priori avec une dépréciation de la valeur ajoutée ?

 

Quel est votre avis sur ce sujet, qui risque de devenir central dans les années à venir ? Les compétences vous apparaissent-elles être un meilleur étalon que le traditionnel diplôme ?

 

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