Faire des études supérieures en 2026 : est-ce toujours pertinent à l’heure de l’IA ?
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Les études supérieures restent pertinentes en 2026, car l’IA ne remplace pas la capacité à comprendre, analyser et critiquer l’information.
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Ce qui compte désormais, c’est d’apprendre à travailler avec l’IA : vérifier ses réponses, l’enrichir et l’utiliser de façon éthique et pertinente.
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Les formations doivent évoluer vers plus de projets concrets, d’oraux et de compétences transversales, plutôt que la simple mémorisation de savoirs.
L’intelligence artificielle transforme profondément le monde du travail. Automatisation de tâches, nouveaux métiers, disparition de certaines fonctions : les transformations s’accélèrent. Face à ces bouleversements, de nombreux lycéens et étudiants se posent une question légitime : faire des études supérieures est-il encore utile en 2026 ?
Certains pensent que l’IA va remplacer de nombreux métiers et rendre certains diplômes inutiles. D’autres considèrent au contraire que la formation supérieure n’a jamais été aussi importante pour comprendre, maîtriser et accompagner ces transformations.
Spécialiste de l’enseignement supérieur dans les filières informatiques, numériques et commerciales, l’Institut F2i vous aide à mieux comprendre ces questionnements et à trouver des réponses à des problématiques complexes. Alors, faut-il encore étudier dans un monde dominé par l’intelligence artificielle ?
L’IA transforme profondément le marché du travail
Depuis quelques années, l’intelligence artificielle et le Machine Learning s’étendent à une vitesse impressionnante dans toutes les fonctions support de l’entreprise. Les outils capables d’écrire, de coder, d’analyser des données ou de produire des images automatisent de plus en plus de tâches.
Selon certaines analyses économiques, jusqu’à 60 % des emplois dans les économies avancées pourraient être impactés par l’IA, que ce soit par automatisation, transformation ou augmentation des tâches humaines (étude présentée dans le journal The Guardian). Certaines études évoquent également la possibilité que 15 % à 25 % des tâches actuelles puissent être automatisées dans les prochaines années.
Bien que ces évolutions impactent tous les secteurs d’activité, elles se révèlent bien plus impactantes pour certaines fonctions comme :
- Les métiers administratifs
- Les tâches répétitives
- Certaines fonctions d’analyse ou de traitement de données.
Selon une récente étude de l’OCDE, plus d’un emploi sur 4, 28 % pour être précis, est ainsi menacé de disparition. Cette réalité, appelée à se renforcer dans les années à venir, peut interroger les étudiantes et les étudiants d’aujourd’hui. A quoi bon étudier si les outils innovants de demain pourraient remplacer les spécialistes, que ces jeunes rêvent de devenir ? Pourtant, faire des études supérieures s’impose comme un choix toujours aussi pertinent pour renforcer sa capacité à s’insérer sur le marché de l’emploi. Les choix à l’heure de l’orientation post-bac se révèlent alors plus complexes à réaliser.
Les études supérieures restent un facteur clé de réussite professionnelle
Les lycéennes et les lycéens, préparant les examens du baccalauréat, sont particulièrement concernés par ces questionnements. Ils se préparent à formuler leurs vœux d’orientation sur Parcoursup. Choisir un parcours de formation, à l’université ou dans un établissement d’enseignement supérieur, suppose ainsi de surmonter ces problématiques. Les études post – bac sont-elles en 2026 réellement nécessaires, quand les outils nés de l’intelligence artificielle se révèlent de plus en plus efficaces ?
Toutes les études conduites sur le sujet soulignent les avantages de ces parcours de formation sur l’employabilité des diplômés : ainsi, en 2016, 43 % des jeunes de 15 à 35 ans n’ayant pas un diplôme plus élevé que le brevet des collèges occupaient un emploi contre 84 % pour les diplômes de l’enseignement supérieur (Source : Étude INSEE 2016)
Au niveau international, une étude de l’OCDE a été conduite pour comprendre si le parcours universitaire, les diplômes d’ingénieurs, le choix d’un cycle court ou long dans des établissements privés ou publics pouvaient avoir un impact sur l’employabilité des jeunes diplômes. Le rapport Education at a Glance de l’OCDE se révèle plutôt optimiste pour chaque étudiant :
- Masters, BTS, diplômes d’ingénieurs …. Les professionnels, issus de l’enseignement supérieur, perçoivent en moyenne une rémunération supérieure (+ 54 %) à celle des actifs ayant le niveau BAC
- En France comme à l’étranger, cette rémunération sera plus importante pour les titulaires d’un master (+83 % par rapport au secondaire) que pour ceux ayant suivi un cycle court de type BTS (+17 %) ou encore pour les titulaires de licences (+39 %).
En d’autres termes, choisir de s’engager dans un cycle court (BTS, licences, …) ou long (Masters, diplômes d’ingénieurs, …) constituent donc un atout sur l’avenir professionnel (plus grande facilité à trouver un emploi, rémunération accrue, …). Faire des études supérieures après le baccalauréat reste, dans ces conditions, un choix pertinent pour les étudiants.
La formation et la vie étudiante pour apprendre à travailler à l’heure de l’IA
L’inscription dans un établissement universitaire ou dans un des établissements d’enseignement supérieur sur Parcoursup représente donc une opportunité pour les futurs étudiants, préparant actuellement leur baccalauréat. L’intelligence artificielle ne doit pas être ressentie comme une menace, mais comme à l’origine de nouvelles opportunités, et ce dans tous les domaines (Santé, Sciences, comptabilité, Gestion, Marketing, …).
En effet, si les innovations menacent certains emplois – il faut souligner, que les fonctions les plus menacées ne sont pas actuellement celles occupées par les ingénieurs ou les titulaires d’un master – , ces mêmes innovations rendent possibles l’émergence de nouveaux métiers dans de nombreux domaines :
- Intelligence artificielle
- Data science
- Cybersécurité
- Développement logiciel
- Marketing digital
- Gestion des données.
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Bien que les spécialistes ne parviennent pas à s’accorder, tous soulignent que la majorité des emplois de demain n’existent pas encore aujourd’hui. S’engager pour obtenir les titres d’ingénieurs ou des masters spécialisés répond donc aux attentes de demain pour l’étudiant ou l’étudiante d’aujourd’hui. Pour pouvoir répondre à leur projet de développement, les entreprises recherchent en permanence les profils pouvant les guider et les accompagner pour ne pas se laisser dépasser par la concurrence d’une part et pour se démarquer significativement d’autre part. Cette recherche implique l’identification de multiples compétences spécifiques, que seules l’enseignement supérieur, tant en cycle court que long, peut apporter.
Compétences humaines et / ou Soft Skills : des atouts majeurs pour l’avenir professionnel
L’IA peut automatiser certaines tâches techniques, mais elle ne remplace pas certaines compétences humaines. Peut-être des évolutions se feront sentir dans les prochaines années, mais actuellement, les entreprises ont besoin de collaborateurs pouvant attester de compétences spécifiques.
Lorsque les étudiants obtiennent leur diplôme (Ingénieurs, BTS, Licence, Master, …), ils peuvent attester de connaissances théoriques et de compétences professionnelles. En revanche, ils auront besoin, au-delà de ces dernières de pouvoir valoriser des compétences personnelles, parfois désignées sous le terme de Soft Skill parfois sous le terme de compétences humaines :
- La créativité,
- La résolution de problèmes complexes,
- La pensée critique,
- La communication,
- La collaboration et le management,
- La vision globale,
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Cette combinaison de compétences techniques et de compétences plus personnelles se révèle aujourd’hui essentielle. Elle a été intégrée à toutes les formations proposées sur tous les campus de France. C’est cette combinaison, que les études supérieures peuvent renforcer de manière optimale au service de l’employabilité de chaque étudiante et étudiant.
Faire des études supérieures en 2026 renforce donc bien la capacité à trouver un emploi et à rêver d’un avenir professionnel ambitieux.
Une formation initiale jamais achevée : quand l’enseignement supérieur forme les étudiants à se former !
Le parcours et la vie étudiante doivent également permettre de donner les bases à chaque étudiante et à chaque étudiant de pouvoir s’adapter à une société en perpétuelle évolution.
En effet, l’accélération du rythme d’apparition d’innovations a profondément transformé le marché du travail. Les étudiants doivent ainsi :
- Acquérir les compétences dont les entreprises ont besoin,
- Anticiper les innovations pour pouvoir évoluer et s’adapter.
Aujourd’hui, se former tout au long de sa vie professionnelle s’impose comme une nécessité. Même après un passage sur un campus d’une école donnée ou un parcours universitaire, les étudiants d’aujourd’hui sont conscients qu’ils n’exerceront pas toujours le même métier. Il leur faudra évoluer et s’adapter.
Cette flexibilité implique d’acquérir les bonnes habitudes pour s’auto former en permanence. Un atout, que le parcours universitaire ou au sein d’une école supérieur permet d’acquérir et / ou de renforcer.
Voilà encore un atout et une raison supplémentaire pour conforter chacune et chacun à s’engager à faire des études supérieures.
Les métiers du numérique et du commerce restent très recherchés
Comme nous l’avons souligné, tous les secteurs et toutes les fonctions sont concernées par ces transformations profondes. En revanche, certains domaines se révèlent plus impactés, notamment pour tout ce qui concerne le numérique et l’informatique.
Aujourd’hui et demain, les entreprises ressentent des besoins en termes de :
- Développement informatique tant pour des sites que pour des applications,
- D’analyse et de traitement des données (la Data Science),
- De gestion de plateforme numérique et de projets de Cloud,
- De sécuriser les plateformes, les réseaux et les architectures informatiques (Cybersécurité)
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Ces innovations ont également profondément transformé certaines fonctions traditionnelles de ces entreprises. C’est le cas du marketing, devenu Webmarketing et appelé à prendre davantage d’importance encore à l’heure du Big Data. Le marketing constitue plus que jamais un pilier majeur pour le développement des entreprises, et les titulaires d’un master en Marketing numérique peuvent apporter une valeur ajoutée incontestable à ces dernières.
Faire des études supérieures : acquérir une posture et enrichir son réseau !
Faire des études supérieures apparait donc comme toujours aussi bénéfique et utile en 2026. Les innovations transforment les métiers, et cet enseignement supérieur permet de s’y préparer en acquérant un savoir-faire et un savoir-être.
Il ne s’agit pas de vouloir faire sans l’intelligence artificielle, mais bien d’optimiser les outils innovants et donc de les maitriser parfaitement. Cette expertise nécessite une formation rigoureuse d’une part, mais aussi une appréhension globale du monde de l’entreprise. C’est une des raisons, expliquant notamment l’essor des études en alternance. Étudier en alternance combine expertise technique et professionnelle et compétences humaines, en immergeant l’étudiante ou l’étudiant dans la vie professionnelle.
Enfin, la vie étudiante et le parcours de formation offrent à chaque étudiant la possibilité d’enrichir son réseau de contact. Des enseignants et intervenants de l’école supérieure aux professionnels rencontrés au cours de son alternance et / ou des stages effectués, ces contacts se révéleront après la fin du cursus un atout pour s’insérer sur le marché de l’emploi.
A l’occasion d’un colloque sur les compétences et les savoirs (Institut des hautes études de l’éducation et de la formation. 20 janvier 2026), François Germinet, professeur à Cergy-Paris Université résumait parfaitement toutes ces problématiques : « L’enjeu n’est pas de rivaliser avec les machines sur leur propre terrain, mais de former des humains capables de rester pleinement humains dans un monde de machines intelligentes »
En conclusion : oui, les études supérieures restent plus pertinentes que jamais
À l’heure de l’intelligence artificielle, certains pourraient penser que les études supérieures deviennent inutiles. En réalité, c’est souvent l’inverse tant ces innovations font naître de nouveaux besoins au sein des acteurs économiques.
Dans un monde où les technologies évoluent rapidement :
- Les métiers deviennent plus complexes
- Les compétences techniques sont essentielles
- La capacité d’analyse et d’adaptation devient cruciale.
Les différentes études sont claires : les diplômés du supérieur gagnent en moyenne plus, ont davantage d’opportunités professionnelles et s’adaptent mieux aux transformations du marché du travail.
Ainsi, plutôt que de remplacer les études, l’intelligence artificielle renforce leur importance.
La vraie question n’est donc pas : faut-il encore étudier ?
Mais plutôt : quelles études choisir pour préparer les métiers de demain ?