C’est un sujet clivant, qui revient régulièrement sur le devant de la scène. Réduire le temps de travail pour être plus efficace mais aussi pour se prémunir du burn-out notamment. Mais avec la crise du coronavirus, la question se pose avec encore plus de force, et même les étudiants préparant leur entrée dans la vie active se mobilisent pour cette problématique.

 

Baisser le temps de travail, une question cruciale pour les entreprises en quête d’efficacité

Baisser le temps de travail n’est pas une nouvelle idée tendance mais représente un véritable débat qui revient régulièrement dans les pistes d’évolution des chefs d’entreprise. Dès les années 1990, des entreprises américaines se sont lancées dans une réduction importante du temps de travail de leurs collaborateurs, avec l’ambition de concilier cette baisse avec une augmentation de la productivité. Cette ambition de travailler moins ne relève pas que des entrepreneurs et des salariés mais concerne aussi des Etats bien décidés à s’interroger sur la question de la répartition du travail. Ainsi, en mai dernier, Mme Jacinda Arder , Première ministre néo-zélandaise , disait elle-aussi réfléchir à la semaine de 4 jours. Et ce sujet, qui concerne les salariés, les chefs d’entreprise, mais aussi celles et ceux qui étudient actuellement pour devenir les experts du Webmarketing ou de la Cybersécurité de demain, a repris de l’importance avec la crise de coronavirus. En effet, avec le déploiement massif du télétravail, l’explosion inédite du chômage partiel, les acteurs économiques s’interrogent à nouveau sur le rapport entre baisse du temps de travail et efficacité professionnelle.

 

Etudier dans le Web pour devenir un spécialiste du Digital et travailler moins

Les études et autres sondages à la manière sont nombreux et bien souvent contradictoires. En revanche, les entreprises d’aujourd’hui ont déjà du s’adapter aux évolutions induites par la transformation numérique de nos sociétés. Les métiers du Web, notamment, impliquent un abandon progressif de l’organisation verticale des entreprises, et même les futurs Manager du développement ou de la transformation numérique sont pleinement conscients que désormais le Management efficace implique plus de participatif et de collaboratif.

Or ces nouvelles règles d’organisation du travail ne sont guère conciliables avec les objectifs poursuivis par les open-spaces, par exemple. Depuis le début des années 1990, le temps de présence au bureau a longtemps été considéré comme la référence ultime pour estimer la masse de travail accompli. Et avec les nouvelles technologies, ce présentéisme s’est heurté à l’impossibilité de se déconnecter, et donc d’arrêter de travailler. Pour certains, il ne faut pas chercher plus loin pour identifier l’origine de cette épidémie de burn-out et d’épuisement professionnel.

 

Baisser le temps de travail pour être plus productif et efficient

Un étudiant, se destinant à devenir un expert de l’UX Design, devra, une fois entré dans la vie professionnelle, rester éveillé à toutes les nouvelles innovations (veille personnelle sur les sujets liés à son expertise), comprendre les interactions de tous les autres spécialistes impliqués dans les mêmes projets que lui (connaissance globale de l’écosystème) tout en répondant aux missions confiées par son entreprise. La tâche est immense, d’autant plus qu’on exige de ces experts (dans le Web mais aussi dans bien d’autres domaines d’activité) de faire preuve d’originalité et de créativité, pour se distinguer de la concurrence et s’imposer comme une marque/entreprise de référence.

Cela suppose une mobilisation de tous les instants, mobilisation qu’il est difficile, voire impossible pour certains de maintenir 5 jours durant. Cette réduction du temps de travail serait donc une nouvelle évolution du marché du travail, puisque les acteurs économiques devraient abandonner le management au temps pour se concentrer uniquement sur le management aux objectifs. Certaines entreprises ont déjà pris conscience de cette baisse de concentration liée à un temps de travail trop long. Ainsi, en 2018, Jan Schulz Hofen, dirigeant créateur d’une société de logiciels de gestion de projets, décide de passer l’ensemble de ses collaborateurs à la semaine de 4 jours.  Deux ans après, il ne constate pas de baisse d’activité, ni même de production de travail mais au contraire, il constate avec bonheur : « (…) nous sommes plus énergiques, plus concentrés, et plus heureux. »

Toutes les situations ne sont pas les mêmes, mais cette question de la réduction du temps de travail continuera à prendre de l’importance dans les mois et les années à venir, d’autant plus que les étudiants d’aujourd’hui privilégient, plus que leurs ainés, un meilleur équilibre entre vie perso et vie professionnelle. Un changement d’état d’esprit sera néanmoins indispensable avant d’y parvenir.

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