Si la dernière réforme du CPF ambitionnait d’aider les salariés à envisager leur reconversion professionnelle, ce sont les jeunes générations qui connaissent le mieux les innovations de ces nouveaux dispositifs. Avec leur arrivé sur le marché du travail ou par le biais de leur alternance, ces jeunes générations vont contribuer à valoriser cette formation continue, encore trop méconnue par les salariés.

 

Les salariés et la transformation digitale, une méconnaissance néfaste pour l’avenir ?

Si tous les spécialistes s’accordent à souligner, que la transformation digitale implique et impliquera plus encore dans l’avenir l’apparition de nouveaux métiers, les salariés, eux, n’en sont pas pleinement conscients. C’est ce que révèle l’édition 2019 de l’Observatoire des trajectoires professionnelles. L’Institut de sondage Ipsos a interrogé un panel d’actifs pour cette édition dévoilant les résultats de l’année 2018. Il ressort, que seuls 17 % des salariés interrogés envisagent de suivre une formation professionnelle pour changer de métier, démontrant que la multiplication de ces nouveaux métiers n’est pas encore entrée dans les habitudes des salariés. Si les plus jeunes, 18 -30 ans, ont compris l’importance de suivre des formations pour satisfaire à ces nouvelles attentes, comme en devenant développeur Web, seuls 16 % des actifs des CSP les moins favorisés ont connaissance de ce changement. Et pourtant, la transformation numérique implique un changement de paradigme pour tous les salariés, quel que soit leur fonction et leur niveau de formation. L’information doit encore être portée tant du côté des étudiants qu’en entreprises.

 

Les actifs et la réforme du CPF, des lacunes constatées dans l’information délivrée

La Réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, portée par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, a transformé en profondeur le Compte Personnel de Formation. Un des objectifs de cette réforme consistait à faciliter cette mobilité professionnelle, en donnant à chacun la possibilité de se former pour initier une reconversion professionnelle ou pour sécuriser son parcours professionnel. L’ambition des autorités répond à une attente forte des salariés, puisque 70 % des salariés interrogés déclarent envisager suivre une formation pour faire évoluer leur carrière.

En revanche, si les salariés sont conscients de la nécessité de se former, 25 % d’entre-eux avouent ne pas connaitre les dispositifs, initiés par cette réforme du CPF, ce qui rend difficile une mise en œuvre généralisée. Il s’agit clairement d’une lacune en ce qui concerne l’information des principaux concernés, c’est-à-dire les salariés. Dans le même temps, les étudiants, eux, ont pris conscience de la nécessité de faire face à ces nouvelles exigences, en choisissant de se spécialiser dans des secteurs d’activité, qui n’existaient pas il y a quelques années, comme par exemple avec des formations diplômantes Bac +5 pour devenir Expert Digital, tant dans le domaine du marketing que dans celui de l’expérience utilisateur (UX et UI Design).

 

Les études initiales et continues, un même objectif : l’adaptabilité

Alors que, comme nous l’avons souligné ci-dessus, les salariés méconnaissent toutes les opportunités ouvertes par le CPF, les étudiants, eux, avouent s’être déjà intéressés à ce compte personnel de formation. Ce dernier est en effet créé pour tout actif, et les étudiants sont bien informés des possibilités, qui leur sont ouvertes, pour parfaire leur formation au cours de leur parcours professionnel. Les nouvelles générations ne portent plus le même jugement et le même regard sur la formation continue, qui est désormais considérée comme un prolongement de la formation initiale. Comme l’alternance a permis une professionnalisation des études, professionnalisation bénéfique dans des domaines spécifiques comme ceux liés au Web et au Digital, le CPF doit permettre à la formation professionnelle de se spécialiser et d’apporter des réponses concrètes aux attentes des acteurs économiques. C’est tout l’enjeu de la réforme, et les étudiants sont appelés à « porter la bonne parole », en faisant connaitre l’accélération de ces mutations du marché du travail. Est-ce suffisant ? Il faudra attendre l’édition 2020 pour vérifier la tendance.

 

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