C’est une question, que se pose un grand nombre d’étudiants choisissant des études dans le numérique. En obtenant un BAC +2, ne puis-je pas être remplacé par un BAC +3 ? Cette question du déclassement a néanmoins moins d’impact dans les études dans le numérique que dans certains autres secteurs d’activité. L’Institut F2I fait le point sur ce sujet récurrent à chaque veille de rentrée universitaire.

 

Le déclassement, un constat terrible reflétant de multiples réalités

 

Lorsque l’on évoque le déclassement, on pense prioritairement au déclassement scolaire, également désigné sous le terme d’over-education. En novembre 2002, une étude de l’INSEE en donnait une définition précise, en soulignant que cela concernait « tout individu dont le niveau de formation initiale dépasse celui normalement requis pour l’emploi occupé » (Emmanuelle Nauze-Fichet et Magda Tomasini, « Diplôme et insertions sur le marché du travail. Approches socioprofessionnelle et salariale du déclassement » in Économie et Statistique, n° 354, INSEE, novembre 2002).

Mais il faut aussi souligner le déclassement social ou mobilité intergénérationnelle descendante, soulignant la position sociale inférieure d’un fils par rapport à celle de son père. Ce déclassement peut-aussi être intra-générationnel, lorsqu’un salarié est contraint d’accepter une fonction moins valorisante après une période de chômage ou un accident de la vie. Enfin, le déclassement salarial représente une forme récurrente depuis des décennies, et caractérise l’acceptation de plus faibles rémunérations en raison de multiples causes (crise économique, restructuration de l’entreprise, …).

 

Les étudiants dans le numérique doivent-ils avoir peur du déclassement ?

 

S’agissant du domaine du numérique et du Web, la notion même de déclassement change de nature. En effet, par définition, les étudiants décidant de suivre des études supérieures dans le Digital répondent à une attente forte des entreprises. Ces dernières sont en recherche permanente de profils préparés à la digitalisation de leur économie et ce dans tous leurs services. En préparant un BTS SAM, les étudiants et étudiantes s’engagent à satisfaire à une évolution de l’organisation même du travail, en devenant les assistants des Managers de demain. Bien que certaines entreprises peuvent être  enclines à recruter un BAC + 3 (Licence) pour se substituer à ces titulaires d’un BTS, elles rechignent à s’engager dans cette voie, dans la mesure où les compétences visées ne sont pas exactement les mêmes. Et en matière de Digital et de numérique, mieux vaut être précis et méthodique.

D’un autre côté, les entreprises recherchent aussi des candidats au profil hyper-spécialisé. Il pourra s’agir d’attirer un expert de la Blockchain, ou encore de  recruter un spécialiste des systèmes et des réseaux. Ces recherches hyper-spécialisées ne souffrent pas de déclassement, dans la mesure où les missions confiées répondent à des compétences précises bien définies.

Le déclassement semble donc moins affecter les étudiants dans le numérique que dans certaines autres filières, même si en la matière les études dans le Digital doivent amener tous les étudiants à prendre conscience de la nécessité  de l’autoformation permanente.

 

Devenir un expert reconnu du Web et s’assurer de le rester, la priorité des étudiants dans le numérique

 

Il n’est pas étonnant, que les études par alternance soient plébiscitées par les étudiants et les étudiantes se destinant à devenir des experts du Web. En effet, concilier les enseignements théoriques avec la réalité du terrain garantit une meilleure employabilité. C’est aussi la garantie de rester informé des dernières tendances et innovations. Et transformation digitale oblige, ces dernières sont aussi nombreuses que rapides.

C’est peut-être là, qu’existe un risque de déclassement pour ces experts du Web. En effet, un étudiant obtenant le titre d’Expert Digital Marketing, un diplôme reconnu Bac +5 par l’Etat, peut prendre en charge tous les projets de son entreprise. En revanche, sera-t-il toujours le mieux placé dans un, deux ou cinq ans pour cette mission, alors que l’avènement du Big Data ou la généralisation de l’Internet des Objets, auront changé la donne ? Il se doit de se former en permanence et de rester à l’affut. Autoformation, formation professionnelle, MOOC, …. Les possibilités en la matière sont nombreuses, et chaque professionnel engagé dans ces métiers du Web doit prendre conscience que cette adaptation aux contraintes du moment représente une obligation pour celles et ceux qui veulent conserver leur statut d’expert reconnu.

 

 

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